Ventouses


Un soin simple, naturel et sans effets secondaires

Face à l'engouement pour ce soin simple, naturel et sans effets secondaires, la communauté médicale s'interroge. Plus d'une centaine d'études ont tenté d'évaluer scientifiquement l'efficacité des ventouses. Elles pourraient soulager l'acné, le zona, l'eczéma, la paralysie faciale, les rhumatismes, l'arthrite, la fibromyalgie, l'hypertension, la migraine, la fertilité, l'anxiété, la dépression ou encore la congestion bronchique... Mais aucune de ces indications ne peut être formellement établie car, pour prouver l'efficacité d'un remède, il faut pouvoir le comparer à un placebo. Or, difficile de faire semblant d'administrer des ventouses... « On nous demande des études randomisées et l'on invoque l'effet placebo, mais lorsque les gens n'arrivent plus à marcher malgré la cortisone, qu'ils ont mal depuis quatre ans et qu'en une ou deux séances c'est fini, les preuves sont là ! » constate Daniel Henry, spécialiste des ventouses en France et dans le monde. C'est une religieuse infirmière qui lui a fait découvrir cette thérapie dans les années 1960. Depuis, à partir de ses connaissances de kinésithérapeute, d'ostéopathe et de spécialiste en médecine chinoise, il a codifié et structuré une médecine des ventouses avec des protocoles thérapeutiques précis. « C'est un outil simple et vraiment utile, surtout sur les contractures musculaires, témoigne Pierre Maugeais, médecin généraliste dans la région nîmoise, formé auprès de Daniel Henry. Les gens rentrent pliés et ressortent debout ! L'efficacité est nette sur les lombalgies, les dysménorrhées, mais aussi les crises d'asthme ou même les déprimes passagères et légères. »

Comment expliquer ces résultats étonnants ? D'après Daniel Henry, plusieurs facteurs sont en jeu. La décompression suite au vide d'air de la ventouse induit une « aspiration » de la peau et, donc, un afflux de sang (dont témoignent ensuite les marques rouges). La vascularisation locale provoquée améliore la circulation, décongestionne et élimine les toxines (entraînées dans la circulation sanguine générale ou à l'extérieur lors de ventouses scarifiées). Cette mise en mouvement agit tant en surface qu'en profondeur ou à distance, car peau, viscères, muscles et nerfs sont interconnectés. Enfin, les ventouses agissent aussi sur les points d'acupuncture et sur les stagnations de froid, feu, vent, sécheresse ou humidité, considérées par la médecine chinoise comme des déséquilibres responsables de maladies.

Un antidouleur efficace

Si l'efficacité des ventouses est bien connue dans les troubles pulmonaires (bronchites, toux, pneumopathie, asthme...), son action antalgique l'est moins. « Une amie souffrait de dorsalgies terribles et avait tout essayé, jusqu'au jour où les ventouses l'ont soulagée », rapporte Pascal Abella-Gallart, kinésithérapeute au centre hospitalier La Chartreuse, à Villefranche-de-Rouergue, dans l'Aveyron. Intrigué, il s'est formé à la technique il y a deux ans et la propose à l'hôpital pour soulager hématomes douloureux liés à des fractures, tendinites et douleurs d'épaule. « Les résultats sont spectaculaires dans ces pathologies, et immédiats sur les sportifs avec des problèmes de tendons d'Achille notamment », assure-t-il. « Une ou deux séances suffisent généralement à soulager tennis-elbow, lombalgie, blocage des cervicales, entorses ou arthrose. Les douleurs migraineuses tout comme celles liées au syndrome prémenstruel se traitent également très bien », complète Daniel Henry.

Les ventouses réguleraient aussi des problèmes dermatologiques tels que l'acné, les démangeaisons, l'eczéma ou le psoriasis, via certains points spécifiques situés dans le dos. « Je souffrais d'un psoriasis très invalidant, se souvient Jean-Louis. Les ventouses l'ont réduit en six mois et j'ai pu retourner à la piscine. » « Lorsque des personnes de mon entourage commencent à râler ou à être fatigués, je leur recommande une séance, indique Pascal Abella-Gallart. En réharmonisant les organes, l'énergie circule et la joie revient. Ils passent une bonne nuit et le lendemain les ruminations s'estompent ! » L'effet tonique et « booster » des ventouses est fréquemment cité par les patients. Et confirmé par les praticiens. « Il existe dans le dos des points permettant d'agir sur le moral et les émotions, et c'est tout l'art du spécialiste de déterminer sur lesquels il faut agir selon le type de fatigue et d'émotions ressenties (tristesse, rumination, angoisses...) », conclut Daniel Henry.

En pratique

A DÉCOUVRIR

À Lire

La Médecine des ventouses de Daniel Henry. L'auteur a consacré sa vie à l'étude des petits globes de verre et formé plus d'un millier de professionnels de santé en France et à l'étranger (deux volumes, Guy Trédaniel éditeur).

Temps de pose : en général vingt minutes, sauf sur certains endroits d'anatomie précis qui requièrent moins de temps.

Combien et où ? Les ventouses se posent un peu partout (dos, épaules, coudes, jambes, chevilles, mains...) en quantité variable (d'une à une dizaine environ) mais jamais astronomique (par exemple vingt sur le dos !). C'est la qualité de la pose qui fait l'efficacité.

Ventouses à chaud : c'est le mode d'action privilégié. On passe rapidement une flamme dans un petit bocal de verre afin de faire le vide d'air et on pose sur la peau, qui est alors aspirée.

Ventouses à froid : elles sont proposées dans certains cas (jeunes enfants, zones près des cheveux). L'aspiration est actionnée manuellement ou avec une pompe (comme pour un Aspivenin).

Ventouses scarifiées : la peau peut être scarifiée au préalable avec un matériel stérile (comme une petite griffure de rosier) pour augmenter l'efficacité sur des points congestionnés et des zones très douloureuses (tendinite, épicondylite).

Effets secondaires : aucun, sauf les fameuses marques qui partent habituellement en quelques jours.

Contre-indications : très peu, sauf la prise d'anticoagulants.